DÉCOUVRIR
Poser la main sur la reproduction, en relief, d’une œuvre du musée ; glisser les doigts dans des boîtes closes pour, à l’aveugle, ressentir la matière et appréhender le travail du sculpteur ; manier les pièces d’un puzzle ; passer ses phalanges sur l’écran d’une tablette tactile pour accéder à un contenu qui n’est pas dans le musée. Aller plus loin que la visite. Au fil de cette semaine de l’accessibilité, c’est ce que s’est attachée à imaginer Camille Lhernould, en service civique au musée Sandelin depuis mars. Neuf mois de gestation pour concevoir une multitude d’idées, objets de médiation, visites et ateliers adaptés aux personnes porteuses de handicap, et aux autres (lire ci-contre, le programme de la semaine). « C’était l’enjeu », glisse la jeune femme. Partir du cas particulier pour viser l’universel. Inédit pour les personnes handicapées, ludique pour les autres, son parcours-jeux habille, pendant la semaine, les pièces du musée d’un jour nouveau. Pour une découverte, attachante, liée aux sens.
IMAGINER
Son programme, notamment la visite avec tablettes numériques, compose un avant-goût du travail sur la numérisation des œuvres – le plan-relief de Saint-Omer, le Pied de croix de Saint-Bertin, l’abbaye de Saint-Bertin reconstituée en images de synthèse – réunies au sein d’un portail Internet auquel on accédera en janvier. Camille Lhernould a conçu, pour la visite, des applications qui vont au-delà des œuvres – un texte d’Arlette Farge pour accompagner la toile Le Lever de Fanchon, des esquisses des Sirènes de Belly pour appréhender le travail préparatoire à l’œuvre magistrale qui se trouve dans les escaliers de Sandelin – pour « accéder à du contenu enrichi », explique-t-elle, qui fait de la tablette la compagne du visiteur de demain. Au musée, où on n’a jamais développé d’audioguide, « on sent tout l’intérêt qu’il peut y avoir à proposer des tablettes, pour la visite », commente Marie-Lys Marguerite, conservatrice. Un enjeu de taille, « avec la numérisation, le monde entier va accéder au patrimoine de Saint-Omer », indique le maire, Bruno Magnier.
SE PROJETER
Cette palette de propositions à destination du public porteur d’un handicap est enfin « le point de départ du label tourisme et handicap, qui nous fait défaut », explique Marie-Lys Marguerite. Élévateur et ascenseur ne suffisent pas, il faut également donner des gages en terme de médiation. Camille Lhernould les a pensés. Ils sont appelés à se développer.
Par
http://www.lavoixdunord.fr/region/les-cinq-sens-s-allient-au-musee-sandelin-a-ia37b0n1719572
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